Bref, j'ai déremboursé la chirurgie...

27/10/2011 - BREF, j'ai déremboursé la chirurgie ...

 

Propos attribués à Frédéric Van ROEKEGHEM, directeur de la Caisse Nationale d'Assurance Maladie :

Quand je dérembourse brutalement les médicaments non vitaux, je ne dis pas que je dérembourse les médicaments non vitaux, je dis que je vais continuer à rembourser les médicaments vitaux.

Mais personne n'est dupe : le déremboursement met de plus en plus de produits à la charge du patient ou de sa complémentaire. Alors, j'ai tout le monde contre moi :

•Les associations de patients
•Les syndicats de salariés
•Les médecins

Quand je dérembourse les médicaments j'ai le mauvais rôle, je suis le mal aimé, le casseur de sécu.

Alors, pour dérembourser la chirurgie, j'ai trouvé mieux : Le déremboursement rampant.

Au lieu de baisser brutalement le tarif de remboursement des opérations, il suffit de bloquer ce prix pendant des dizaines d'années et de laisser agir l'inflation. Pour compenser, on donne aux chirurgiens la possibilité de facturer des dépassements à la charge du patient ou de sa complémentaire.

Pendant 25 ans, mes prédécesseurs ont été de très bon dérembourseurs

•29 mai 1980 signature de la 3° convention médicale, la pose d'une prothèse de hanche est à 309€, le quotidien le Monde est vendu 0,38€
•En 2005, le prix du monde est à 1,20€, il a plus que triplé. Le prix de la PTH s'est effondré, avec moins de 50% d'évolution, il stagne à 460€.

Sur 25 ans le prix du quotidien le Monde a augmenté 4 fois plus vite que la PTH.

Malheureusement, quand j'ai été nommé en 2005, les chirurgiens râlaient si fort que j'ai du concéder un rattrapage de 25%. Heureusement les chirurgiens m'ont fait confiance pour pratiquer en 2 paliers :
•J'ai augmenté de 12,5 % au premier palier...
•Mais j'ai diminué de 6,5 % au deuxième palier !

En définitive avec un prix à 490€, j'ai réussi à ramener l'augmentation réelle à 6%. Il n'y a que les chirurgiens qui l'ont remarqué.

De 2005 à aujourd'hui le prix du quotidien le Monde est passé de 1,20€ à 1,50€, 25% d'augmentation. Pour la chirurgie je n'ai accordé aucune augmentation, et j'ai prévu qu'il en serait ainsi jusqu'en 2016.

Quand je dérembourse la chirurgie, je ne dis pas que je dérembourse la chirurgie je dis que les chirurgiens augmentent leur dépassements.

J'ai juste à souffler de temps en temps sur les braises pour entretenir le mécontentement du à ces dépassements.

Et les médias amplifieront sans chercher à comprendre...
•A longueur d'année la qualité de la chirurgie est évaluée.
•Mais heureusement pour moi personne n'évalue le coût de cette qualité aux normes de 2011.
•Et donc personne, et surtout pas l'IGAS, n'évalue mes tarifs de remboursement qui datent de 1980.

Tous, hypnotisés par les dépassements, ils me laissent dérembourser en paix.

Les chirurgiens passent pour des voleurs, et ils ont tout le monde contre eux.

En chirurgie, je dérembourse, mais c'est le chirurgien qui passe pour le casseur de sécu !

Et moi, le dérembourseur rampant, je passe pour le Zorro de la santé solidaire.

Le déremboursement rampant, c'est vraiment royal !

Bref ! J'ai déremboursé la chirurgie...

Après les présidentielles, si je reste encore un peu, j'arriverai vraiment à mettre la chirurgie au niveau des lunettes ou des dents. Il y aura un vrai marché pour les complémentaires santé.

PS : En fait ces propos ne sont pas de Frédéric Van ROEKEGHEM, directeur de la Caisse Nationale d'Assurance Maladie, mais ont été rédigés par le Dr Xavier GOUYOU BEAUCHAMPS, secrétaire général de l'Union des Chirurgiens de France et du syndicat Le BLOC

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